La Joueuse de volant, par Leopold Franz Kowalski
Cette exquise huile sur toile (de 186 x 122 cm), récemment mise en vente par MutualArt sous le titre de The Badminton Player, est l'œuvre du peintre français Leopold Franz Kowalski (1856-1931). Elle a été suivie ou précédée de deux autres œuvres similaires, représentant une tout aussi rousse jeune fille jouant seule au diabolo et au tennis, toujours dans un cadre pastoral (voir reproduction ci-après). Sand doute la propre fille de l'artiste qui, dans les dernières années de sa vie, fut avec son épouse l'un de ses seuls modèles, alors que retiré dans l'Eure il s'adonnait à la peinture de paysages (dixit le site ProAntic).
Cette tableau bucolique, ode aux plaisirs juvéniles (ici, au jeu du volant et non au badminton), a très certainement était réalisée vers 1913. En effet, cette année-là, une reproduction (en noir et blanc) figure dans l'édition du 21 septembre de la revue des Annales Politiques et Littéraires.
L'image illustre un article empreint de nostalgie qui poétise sur les Jeux d'autrefois, regrettant la «douceur de vivre» d'un temps où «les jeunes filles aux nattes allemandes» s'adonnaient avec délice à «une candide partie de volant ou de grâces !...» (1)
Son auteur, le journaliste, romancier et académicien Henri Lavedan, se souvient, ému, de ces parties de volant jouées «par les rues si sympathiques de nos villes de province aux pavés séculaires [...], à l'heure apaisante du soir».
Avant de confier avoir «longtemps conservé un de ces volants. Tel qu'une phalène [grand papillon nocturne ou crépusculaire], je l'avais piqué près de ma glace, transperçant son corps d'étoffe, et il me rappelait toujours, quand je le regardais, le geste honnête et poétique des jolies filles de ma jeunesse, ayant bien l'air, en effet, quand elles rabattaient sur lui leur raquette, de folâtrer à la chasse aux papillons. Et ces raquettes-là, mignonnes, coquettes, ne pesant pas plus qu'un tire-bouchon, semblables à des passoires de poupées, est-il raisonnable de les comparer aux raquettes d'aujourd'hui, vastes comme des cribles à cailloux, agencées avec des bois de construction de navires, tendues de boyaux de fer et qui, même dans une main virginale, peuvent devenir aussi redoutables qu'un casse-tête de détective ?»
Pour aller plus loin sur le thème du candide jeu de volant dans la préservation d'une virginale pureté, lire sur ce même blog : «Le Volant, un jeu de "Pucelle" ?»
Et, pour une humoristique critique, toute britannique, de l'idéalisation des amusements d'antan, se reporter à : «Une médiévale "joyeuse" partie de volant»
(1) Qualifié de gracieux (d'où son nom), le Jeu des Grâces consistait à échanger un anneau de bois décoré à l'aide de deux baguettes en bois.
Leopold Franz Kowalski, huiles sur toile, Tennis et Diabolo
Source de l'image du diabolo : Artwee.com
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