Water Badminton, sport méconnu où l'on mouille le maillot !
Connaissez-vous le Water Badminton ou badminton aquatique ?
Une activité à consommer de préférence l'été, sous le cagnard, et où tous les participants, même les plus dilettantes, mouillent le maillot !
Article initialement publié sur Quand le bad s'affiche !, en octobre 2022
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«Le Badminton t'ennuie ? Essaye le Water Badminton !»
(slogan daté du 19 janvier 2011)
Dans les années 30, cette adaptation du «badmington» à l'élément liquide semble avoir connu un bref et anecdotique succès (féminin) en Californie, du côté de Pasadena, comme le laisse penser un document publié, en mars 1934, dans le quotidien Paris-Soir, montrant des pin-up en maillots une pièce s'ébattant joyeusement dans une piscine :
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Paris-Soir, 25 mars 1934, p. 12. Source Gallica-Bnf
Une photographie similaire (prise dans la même piscine, mais pas exactement avec les mêmes sirènes) a été publiée, en mai de la même année, dans le magazine VU (hebdomadaire novateur, accordant une place centrale à la photographie), accompagnée simplement de cette légende : «Les sirènes de Californie se mettent à jouer au badminton. C'est un sport qui ne doit pas demander un rapide jeu de jambes» !
Cette version rafraîchissante d'un jeu qui se dispute ordinairement les pieds au sec a été relancée et «officialisée» en 2011, avec l'organisation, à Hossegor (chez les «bouffeurs de Wax», dixit Igor), d'un premier emphatique Championnat du Monde. Une compétition, strictement locale, imaginée et planifiée par l'association Soif de Jouer (et pas que), unique émanation de la mondialement inconnue WBA (la Water Badminton Association). Un cercle très restreint (tout au plus une quarantaine de palmipèdes, plus ou moins actifs), rassemblant une tribu d'iconoclastes hurluberlus, un brin allumés, funs et résolument festifs.
Pour son lancement une dizaine de badistes aquaphiles, grands amateurs de ploufs, d'arrosages et de libations un tantinet chlorées (mais pas que), avaient été conviés, mi-juillet, à une sportive trempette dans une private pool, pompeusement baptisée La Godfruit Arena d'Hossegor.
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Flyer du «Site officiel du Badminton pratiqué en aquatique, dans une piscine»
Parmi les baigneurs qui se sont sporadiquement retrouvés pour s'adonner à ces joutes annuelles, on retiendra quelques vedettes aux exotiques sonorités : Walter Godefruit (d'origine Belge, il serait le père du championnat éponyme), Guillaume Bellegodasse, La Mache, Fernando Lopetegui (Chili), Yamba Lasseropoulos (Grèce), Jeff Lamatrice, Denibar ou encore Clemsou Demage et Young Gun Boubou de Luchon ! Autant de champions en gouttelettes, de stars montantes, malheureusement totalement oubliés de la Mémoire du badminton.
À noter qu'aucun bikini n'a vraiment adhéré à ces viriles ablutions, ces dames préférant peaufiner leur bronzage en bord de bassin, tout en surveillant d'un œil alangui et circonspect les éclaboussants ébats de leurs héros.
Ces Mondiaux, qui ont connu 6 éditions (avant de s'éteindre définitivement en 2019), n'ont donné lieu qu'à de rares vidéos amateur, sans esbroufe ni tralala. Quelques bribes de ces échanges, voire un ou autre Trickshots (littéralement «coups de grâce»), peuvent être visionnés sur une page Facebook, spécialement créée pour fédérer et tenter de donner une dimension planétaire à ce micro-évènement... en inondant le Web. Ces séquences d'anthologie sont disponibles en cliquant sur le bandeau ci-dessous, puis en s'immergeant progressivement dans les profondeurs du fil d' «actualité». Prendre toutefois une profonde inspiration :
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Bandeau de la page Facebook du Water Badminton
D'après des informations parcellaires, décryptées sur des documents certainement délavés, les premières rencontres se seraient jouées au «meilleur des deux sets», disputés en 11 points. Les années suivantes, les organisateurs semblent avoir opté pour des matchs en 3 manches de 7 points, avec 2 points d'écart (changement, sans doute, mais pas du tout sûr, au milieu du 3ème set, afin d'équilibrer les contre-jours). Un règlement péremptoirement qualifié d'officiel (mais d'après nous daté) est disponible sur le site officiel de la Water Badminton, et consultable d'un clic.
On y découvre notamment la «règle du non ace ou règle “Godfruit”» : si le serveur réalise un ace, il doit re-servir (aucun point n'est donc attribué et le service est à refaire), l'objectif étant de «limiter l'emprise tactique du service sur le jeu, et donc de favoriser le spectacle» ! Toutefois, la règle ne s'applique que «3 fois consécutivement» (au 3ème ace réalisé, le serveur marque 1 point), ce qui permet d'éviter qu'un receveur retors n'abuse de cette amabilité !
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| L'activité avait déjà son pictogramme ! |
À noter, une autre intéressante originalité : la mise en place (au moins lors d'une édition) de Repêchages, pour les trop vite engloutis, manière de redonner leur chance à ceux qui ont prématurément fait glouglou. Un sauvetage particulièrement apprécié !
À la fois très ludique, donnant lieu à des grosses parties (de rigolade), l'activité paraît, par ailleurs, non traumatisante. Ce sport porté devrait donc tout particulièrement convenir aux sujets arthrosés — bénéficiant d'un conséquent allègement du poids du corps, environ 50%, voire plus pour les joueurs enveloppés, disposant d'une substantielle «bouée».
Attention, il faut toutefois avoir le cuissot ferme pour s'extraire de la viscosité de l'élément aqueux et espérer décocher un smash puissant. Voir ci-dessous une séquence d'entraînement publiée sur la page Facebook Water Badminton :
