Comme un Volant !
La littérature et la presse, principalement du XIXème siècle, abondent de passages recourant au jeu du volant pour illustrer un propos, imager une légèreté, une inles coupsouciance (amoureuse), une gaieté, ou bien insister sur un inconfort, souligner des lenteurs et des tracasseries (administratives), voire une maltraitance systématique : « J’étais rejeté, comme un volant par une raquette malfaisante, du valet au maître », fait dire, par exemple, en 1888, Maurice Drack à l’un des protagonistes du roman Trinqueballe [1].
Faute d'illustrations pertinentes pour agrémenter ce texte,
nous avons recouru aux services (gratuits) d'une IA créatrice d'images (Bing),
que nous avons nourri d'une citation accompagnée de sa date de parution
(y ajoutant parfois le terme badminton – d'où la présence de quelques filets).
Parmi les images (imparfaites, décalées ou totalement à côté de la plaque)
proposées par cette IA, certaines ont retenu notre attention !
La remuante gaité du volant, ses frétillements, tout autant que son ballotement et la non-maîtrise de son destin, ont tour à tour appuyé la description d’une fébrilité, dépeint une posture inconfortable et évoqué une impuissance subie, un emprisonnement (sur ce dernier point, voir sur ce même blog : « Volants captifs / Liberté encagée »).
Accessoirement, les virevoltes de l’emplumé, sa capacité à rebondir malgré les coups reçus, son aptitude à sans cesse se relever pour repartir de plus belle, ont pu dépeindre une capacité à cabrioler, tout en retombant toujours sur ses pattes. À l’image de Monsieur Grandvarlet, scribouillard d’une « nullité prétentieuse », qui multiplie les bévues mais réussit toujours à s’en sortir : « rebondi[ssant] d’erreur en erreur, comme un volant renvoyé par plusieurs raquettes » (1862) [2].
L’asservissement du volant au bon vouloir des raquettes, son enfermement entre des instruments qui se plaisent à le tourmenter indéfiniment, a également retenu l’attention des hommes de plumes. Pris entre les deux raquettes, passant alternativement de l’une à l’autre, bousculé, malmené, déboussolé, il souligne le peu d’empressement des maîtres du jeu et la funeste incertitude qui plane sur l’infortuné jouet.
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Petit inventaire, parfois un peu désorienté (tel un volant maladroitement renvoyé), d’une métaphore littéraire, recourant au populaire « jeu du volant » pour illustrer un propos, donner vie à une situation, la tinter d’humour, se railler voire ridiculiser un quidam. Recours à une image dont on trouve les premières occurrences au tournant des années 1800, et dont l’emploi semble s’intensifier dans la seconde moitié du XIXème siècle, pour progressivement disparaître dans les années 1930. La dernière trace repérée datant de 1940.
Comme un volant « sur la raquette »
Lorsque l’image du volant « sur la [ou une] raquette » est convoquée, c’est pour dessiner une exaltation, une folle allégresse, une excitation, une nervosité.
La métaphore traduit l’affolement d’un cœur battant la chamade : « Mon cœur sautait dans ma gorge comme un volant sur une raquette. » [3] (1904).
La vivacité du volant, ses sautillements, illustrent le côté guilleret, primesautier, d’une enfant dynamique, constamment en mouvement :
« Tel un homme accablé par le plus grand des maux ;
Ma cousine se démenait,
Fraîche sous son petit bonnet.
Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette »
(Marius Laisné, « Les Prunes », 1872 [4])
À dada sur mon volant (1888 – 1903) :
La métaphore illustre aussi une instabilité, une désarticulation…
Constamment brinquebalé, le volant est à l’image d’un déséquilibre, d’une perte de contrôle, d’une non-maîtrise, confinant à la dysharmonie.
Le monde de l’équitation a régulièrement recouru à la figure de l’inconfortable position du volant sur la raquette, à son instabilité claudicante, pour caractériser le « manque de liaison », un hiatus, entre un cavalier et sa monture :
- Dans son Traité raisonné d’équitation, A. Aubert note en 1888 que « C’est cette absence d’union qui rend la tenue impossible et qui a fait consacrer une expression qui la dépeint parfaitement : Bondir sur sa selle comme un volant sur une raquette. » [5]
- Référence similaire, la même année, dans Les Hommes de sport de Charles-Maurice de Vaux : « Un principe unique domine toute manière de monter à cheval. Il faut toujours être maître de la direction avant de s’occuper de l’impulsion. Autrement on n’est pas un cavalier, mais un volant sur une raquette. » [6]
- On trouve encore en 1899, un rapprochement entre les soubresauts saccadés du volant et l’inesthétisme, doublé de l’inconfort, d’un trot étriqué. Cette allure doit être « aussi allongé que possible [car] le petit trot est laid, secouant et désagréable ; si l’on veut trotter à l’anglaise, le mouvement est raccourci et trop précipité, l’amazone ressemble alors à un volant qui saute sur une raquette ; si elle renonce au trot à l’anglaise, elle est secouée comme un panier à salade. » [7]
- Ou encore en 1903, dans le roman Mademoiselle Pompon de Pierre Maël : « Jérôme n’était pas “à la noce”, comme on dit dans le peuple, et maudissait sa malencontreuse fantaisie. Ballotté sur la selle, sans étriers, bondissant comme un volant sur une raquette, il eût bien voulu arrêter la jument ; mais il ne savait comment s'y prendre. » [8]
Agitation effrénée (1898) :
« Un volant lancé d’une raquette à l’autre, n’est pas plus agité que la pauvre Suzanne au milieu de son salon ! Je vais, je viens, je veux être à tout le monde et je ne suis à personne. » [9]
Nervosité nocturne (1872) :
Les raquettes qui n’ont de cesse de s’activer se font l’écho de spasmes nocturnes : « Il s’agitait convulsivement sur le matelas, chassant et rechassant des pieds le drap, ainsi que le fait du volant la raquette. » [10]
Car le volant ne serait rien sans la raquette qui l’extrait de son inertie et l’anime, lui conférant un entrain, une gaité, à coups d’impulsions réitérées qui, certes, instantanément le revigorent, mais, à la longue, finissent toujours par le meurtrir, l’estropier et le conduisent à son trépas…
Tyranniques Raquettes (1804 – 1925) :
Au jeu du volant, ce sont toujours les raquettes qui mènent la danse et leurs gifles revivifiantes peuvent se révéler, au final, particulièrement outrageantes et cruelles.
Des raquettes parfois bien capricieuses, ou versatiles, au grand dam, par exemple, de l’énamourée, ce cœur-volant étrillé par un amant-girouette :
« Si vous ne m'aimez plus, ou si vous êtes furieux de trop m'aimer, rétorque en 1858 Céleste à l’amant indécis qui lui fait vivre l’enfer, je n'en suis pas cause, et vous n'avez pas le droit de me rendre la vie dure comme vous le faites !
— Pourquoi, quand vous m'avez renvoyée, venez-vous me rechercher ?... Votre caractère est une raquette, mon bonheur est le volant… je ne veux plus vivre comme cela. » [11]
En 1804, c’était un brusque revirement d’opinion faisant chuter de son piédestal un homme de lettre qui est comparé à un coup de raquette qui le déstabilise et l’expédie au tapis :
« Mais le vent tourne : un ouragan, né des tempêtes publiques, a soufflé sur le poète législateur ; et comme un volant, chassé par la raquette, le voilà tombé de sa chaise curule. » [12]
Aussi, épuisés par ce chaos, refusant de continuer à endurer cette maltraitance (voir, sur ce même blog : « Volants souffre-douleurs »), certains récalcitrants se rebiffent et décident de reprendre leur destinée en main. Las d’être maltraités comme l’« infortuné volant renvoyé de raquette en raquette » [13] (1925), ils jouent alors la fille de l’air :
« Cependant, fatigué, dégoûté d’être traité comme un volant sur la raquette, le général Dumas donna sa démission et revint à Villers-Cotterêts près de sa femme et de sa fillette. » (1907) [14]
Comme un volant entre deux raquettes
La position la plus inconfortable, et souvent dramatique, est celle du volant circulant, impuissant, de raquette en raquette. À l’instar de ce « Grelot », jouet carillonnant que s’échangent un Pierrot sarcastique et un polichinelle moqueur. Deux sardoniques frondeurs qui Illustrent les brèves caustiques publiées par le journal satirique Le Grelot (1871-1903).
Aussi, les personnages politiques redoutaient-ils d’être pris pour cible par de cruels persifleurs qui inlassablement se complaisent à les vilipender. Cette bastonnade les éreinte. En 1904, L’Alliance. Journal de Céret (petit village ensoleillé du Roussillon) se fait l’écho de cette maltraitance systématique dans un poème écrit « Pour un Agité », intitulé « Blagues et Gnons » :
« Tel un homme accablé par le plus grand des maux ;
Un Sous-préfet songeait, solitaire et morose.
Il songeait… à quoi donc ?... À ces méchants,
Qui de le critiquer se font comme une fête ;
Il voyait son image, en guise de volant,
Voltiger sans arrêt de raquette en raquette. […] » [15]
Inhospitalières raquettes :
La répétitivité des renvois reflète une hostilité systématique, un rejet réitéré pouvant virer au calvaire. Tel ce sort réservé à une femme de lettres Russe, révélé en 1924 par le quotidien Comœdia, qui, à force d’être éconduite, expulsée et livrée à la rue, finit par être internée à Saint Lazare (devenue à partir de 1811 une prison pour femme, principalement des prostituées) :
« La prisonnière ne se plaint de rien. Songe qu’elle a roulé, pauvre épave, d’hôtels meublés plus ou moins louches, en garnis plus ou moins suspects. Comme le pauvre volant sautant de raquette en raquette, elle a sauté d’une porte à l’autre, recevant chaque fois, entre les deux épaules, le coup sinistre du renvoi, de l’abandon, de la rue. » [16]
La situation tourne également au drame lorsque plusieurs joueurs échangent un « volant » avec virulence, sans se soucier du supplice qu’ils lui infligent.
Dans un roman publié en 1793 par Ducray-Duminil, les raquettes qui se disputent un volant illustrent l’impuissance d’une jeune fille de toute part tiraillée, quasiment écartelée malgré ses appels désespérés :
« Voilà la pauvre Clairette renvoyée de l'un à l'autre, comme une balle de paume...
L'un la prend, l'autre la reprend ; celle-là l'arrache, celui-ci l'enlève ; ses larmes, ses cris, ses prières, rien n'arrête ses vils ravisseurs ; elle est absolument comme un volant qui tombe de raquette en raquette. » [17]
Circulations infinies :
La rythmicité d’un jeu de va-et-vient indéfiniment prolongé appuie l’image d’une circularité sans fin, pouvant toutefois réserver quelques surprises :
- « Les exclamations et les rires fusent, s’élèvent, rebondissent, – comme un volant, de raquette en raquette. » (Aimé Julien, « L’amour gagne toujours », in Midinette, 18 février 1928, p. 10)
Illustration réalisée par l'IA créatrice d'images Bing
- « Les bons mots se croisent comme des volants jetés de raquette en raquette. » (« Cercle sportif de l’Yonne », in L’Écho de l’Yonne, 7 juin 1924, p. 1)
- En 1878, l’un des auteurs d’un vaudeville à succès (Le Mari de la dame de chœurs), Félix Duvert, est considéré par un chroniqueur du Journal Amusant comme un « précurseur de cette langue imprévue et fantaisiste dont a vécu la bouffonnerie », avant de poursuivre : « Personne n’a trouvé des accouplements de mots plus monstrueusement comiques. Cela éclate à toutes les minutes. Le volant rebondit de raquette en raquette avec des zigzags du plus charmant imprévu. » [18]
Cette abondante mention du jeu du volant pour rendre compte de causeries de salon empreintes de courtoisies, mais non exemptes de vives réparties et cabrioles verbales, où les beaux esprits échangent avec brio dans des joutes oratoires à mots mouchetés, a déjà été largement étudiée sur ce même blog dans : « Volants spirituels, raquettes bavardes ».
Navette (1867) :
Le rythmique déplacement du volant, sa régularité quasi métronomique (il s’agissait le plus souvent de multiplier les échanges en évitant que le volant ne tombe [19]), rappellerait le mouvement alternatif (horizontal) de la navette du tisserand. Les britanniques utilisent d’ailleurs le terme shuttlecock, et plus communément shuttle, pour nommer le volant. Insistant sur la ressemblance avec les va-et-vient de la navette d’un métier à tisser (cock renvoyant aux volatiles auxquels les plumes étaient empruntées).
Ainsi, en 1867, Lucien Dubois écrivant sur la continuité et la rapidité, des machines à travailler le coton présentées à l’Exposition Universelle d’Art et d’Industrie, s’émerveille du « tic-tac [d’une] navette agile qui, incessamment chassée comme le volant d’une raquette, vole et revient pour revoler et revenir encore. » [20]
L’incessant cheminement du volant, ses pérégrinations pirouettantes, ont pu également faire état d’une instabilité permanente ou d’une interactivité intensive :
- « Qu’est-ce que la propriété là où le sol est tellement mobilisé et change aisément et si souvent de maîtres, qu’on le voit passer de main en main, subir mille revirements, circuler sans cesse, et, pour ainsi dire, voltiger comme le jouet qui se renvoie de raquette en raquette. » (1872) [21]
- « Un franc, dix... vingt… trente… trente-cinq… quarante… La surenchère ressemble à un volant, qui vole de raquette en raquette. La voix vigoureuse des hommes répond à la voix fluette des jeunes filles, en passant par la voix éraillée des vieilles qui se forcent. » (1938) [22]
Ce jeu d’errances, de déambulations calculées a pu révéler une connivence, une entente pour faire lambiner. Les décisions étant alors renvoyées « comme un volant de raquette en raquette » [23]. À l’opposé de ces manœuvres dilatoires, mais avec les mêmes effets de prolongement indéfini, le jeu a souvent été sollicité pour signifier un désaccord politique fait d’oppositions systématiques. On assiste alors à un jeu de « raquettes politiques », thème déjà abordé sur ce blog dans « Jeu du volant et politique ».
Des parties qui souvent, à force d’atermoiements et de tergiversations, se soldent par un ultime raté, et l’abandon de l’objet d’échanges se révélant stériles. Tel dans ce Jeu de raquette législatif décrit dans le quotidien républicain La Révision le 22 septembre 1889, où « Tout le monde était lassé de ce jeu de raquette législatif qui laissait tomber à terre les meilleures lois. » [24]
Volant Voyageur :
En 1925, dans la revue La Corse Touristique, le volant se fait voyageur ébloui, alternant les émerveillements :
« En cette île bénie des dieux le pittoresque surgit à chaque pas, et […] le voyageur va de surprise en surprise comme un volant de raquette en raquette. » [25]
Volants volages :
Le volant qui circule de raquette en raquette reflète une inconstance, souvent frivole, proche du butinage amoureux (un thème déjà très largement développé dans « Les jeux de l’amour et du volant » et dans « Volants d’amour cabossés ») :
« Impossible !
Tout est réglé comme un ballet ! des femmes vont
L’entourer, lui parler. Elles coquetteront
Et comme un volant blanc, de raquette en raquette,
Le faux duc sortir de coquette en coquette »
(Édouard Rostand, L’Aiglon. Drame en six actes, en vers,
Paris, Charpentier et Fasquelle, 1900, non paginé.)
Dans son Histoire du caractère et de l’esprit français (1868), Cénac-Moncaut fait référence à un « puissant seigneur de Styrie », « admirateur passionné des dames » qui disait que son cœur « était comme une balle emplumée ; il bondissait de raquette en raquette, obéissant au plus léger souffle des belles » [26].
En 1840, l’américain Alfred E. Baker publie une lithographie intitulée « Balancier – Both in “Tow” », où un marchand d’art parisien (sans doute Edward Dechaux) joue au volant avec deux dames et deux volants-cupidons. La planche, extraite d’une série sous-titrée « Vive la France », s’amuse d’un personnage aux deux maîtresses attitrées. Both in “Tow” pouvant se traduire par « les deux à la fois » :
Baker, « Balancier - Both In "Tow" », série « Vive la France », 1840 - © The MetropolitanMuseumOfArt
Volant acrobate :
Dans le recueil de chroniques Paris Mystérieux, publié en 1861 par Henry de Pène (qui signe du pseudonyme de Mané), ses hautes et intrépides voltiges l’assimilent au trapéziste :
« Cet homme qui bondit de trapèze en trapèze comme un volant bien lancé va de raquette en raquette, cet homme ailé, ce personnage aérien à la tête d’un oiseau. » [27]
Volant anti-parisien :
Dans une tirade des Misérables (1881), roman fleuve de Victor Hugo, Grantaire (l’un des lieutenants du charismatique révolutionnaire Enjolras, grand admirateur de Robespierre) fait référence à la perpétualité du jeu : « Ah ! par tous les saints de l’Olympe et par tous les dieux du paradis, je n’étais pas fait pour être Parisien, c’est-à-dire pour ricocher à jamais, comme un volant entre deux raquettes, du groupe des flâneurs au groupe des tapageurs ! » [28]
Car au jeu du volant, il semble bien que Rien ne Presse…
L’objet des discussions, du désaccord ou de la discorde, vogue alors entre les raquettes des débatteurs, au gré des divergences et des invectives. Telle cette « Presse », désabusée, installée, en 1868 par le caricaturiste Alfred-Henri Darjou, sur un volant, comme dans la nacelle d’un manège, voyageant entre le tamis de l’« Opposition » et le tamis des « Conservateurs », voltigeant dans un entre-deux incertain, en attente du sort qui lui sera réservé quant à la question de la liberté de la presse [29].
#_ftnref1Source de l’image : Gallica (site numérique de la BnF)
Également disponible sur Les Collections des Musées de la Ville de Paris.
Acoquinement de mauvais payeurs et d’arnaqueurs :
En 1800, on trouvait déjà cette idée de n’être que le dindon d'une farce, le jouet impuissant d’une duperie orchestrée par des partenaires qui s’accoquinent pour se délester de leurs engagements. Comme dans, ce poème, intitulé « L’auteur mal payé », où deux associés s’entendent pour faire traîner la créance due à un troubadour qui de son « travail futile, / Espère un léger profit » [30] :
Même figure de collusion, cent trente ans plus tard, en 1932, dans le roman de Gaston Ravel, Les Mésaventures de Monsieur de Pourceaugnac : « Ils s’étaient associés pour ce genre d’affaires, se renvoyant leurs malheureux clients comme deux joueurs lancent un volant de raquette en raquette. » [31]
En 1890, Auguste-Jean Le Bailly utilisait l’image pour dénoncer l’arnaque que constituaient les « journaux d’emplois » qui s’échangeaient leurs annonces et se renvoyaient leurs abonnés en, recherche d’un hypothétique emploi. L’abonné « qui vient demander l’adresse [de l’employeur] à son journal se voit renvoyé à un autre journal qui lui demande préalablement de s’abonner, s’il veut obtenir l’adresse » [32] :
Raquettes se déchargeant du « Volant de la responsabilité » :
La référence à ce jeu de renvois systématiques cible tous ceux qui ont « la fâcheuse habitude de se renvoyer, comme avec une raquette, le volant de la responsabilité » [33], en la rejetant sur d’autres.
Comme ces hommes politiques qui, une fois au pouvoir, esquivent les questions gênantes en accusant leurs prédécesseurs des désordres présents, pointés comme les seuls coupables. De « ces pelés, ces galeux, [viendrait] tout le mal » !
En septembre 1904, le journal L’Espérance s’inquiète de l’inertie du gouvernement, alors que grèves et émeutes se multiplient et « ensanglantent la France » : « Que pensez-vous de cette politique de raquette qui consiste à se renvoyer, d’un groupe à l’autre, les responsabilités qui découlent des événements » [34].
Au tournant du XXème siècle, l’impéritie de services administratifs emplis de bureaucrates, prompts à se dédouaner d’une imprévoyance fautive, a souvent été comparée à un jeu où les incompétents de service se renvoient mutuellement « le volant de la responsabilité » [35].
L’image est ainsi utilisée en 1905 pour rendre compte d’un procès en légitime défense, entre le Prolétariat (des ouvriers grévistes accusés de pillage) et le Patronat (accusé de meurtre, en tentant de repousser une dite tentative d’assaut des protestataires).
Toutes les parties impliquées, Maire, Juge de paix, commissaire, lieutenant de gendarmerie, etc., se renvoient la faute pour cacher les carences dont ils ont fait preuve dans la non-anticipation de l’émeute. Tous, lestement, se défaussent sur leur voisin, refusant d’endosser une quelconque part de responsabilité : « Et ici, nous assistons, Messieurs, à un jeu de raquette où tous les fonctionnaires responsables se rejettent à qui mieux mieux le volant de la responsabilité. » [36]
Une manière de se défiler en se repassant la patate-chaude…
L’image sera encore reprise en octobre 1919 dans le journal républicain La Tamatave qui dénonce « la désastreuse multiplication » de fonctionnaires qui, de service en service, se renvoient l’administré, cet « ennemi », contraint de se perdre dans d’épuisantes démarches pour une simple formalité. Alors, « La responsabilité, comme un volant, fuit de raquette en raquette » [37] :
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Le recours aux continus et lancinants allers-retours du jeu, permet de souligner les ennuyeuses virevoltes qui accompagnent d’intarissables discussions contradictoires.
On trouve dans l’Almanach de la Coopération Française de 1895, un texte sarcastique intitulé « Vicissitude d’un projet de loi ou Histoire d’un volant entre deux raquettes » racontant « la merveilleuse histoire » du projet d’une « loi coopérative » qui en est à sa « onzième année de gestation [et qui] aura fait l’objet des études de six rapporteurs […], aura été soumis à six discussions contradictoires […] en attendant la suite ».
L’article, ironiquement, se contente d’énumérer les dates des sempiternels arrêtés ministériels qui ont accompagnés ce projet : présentations, interventions, discussions, rapports, etc. Une litanie qui a débuté le 20 mars 1883 et dont le dernier acte (mais pas l’ultime) est datée du 8 décembre 1894… [38]
Plus de 10 ans d’allers et retours, aussi lassants et rébarbatifs (pour le public) qu’une partie de volant à l’ancienne !
En 1825, dans Mœurs administratives, Jean-Gilbert Ymbert usait de la même métaphore pour illustrer les complications et lenteurs administratives dans la gestion des dépêches. Ces lettres, réclamations, pétitions que de « lugubres commis » sont chargés d’ouvrir, d’enregistrer, de classer : « La dépêche est ainsi ballotée pendant quinze jours de bureaux en bureaux. Chaque chef la pousse et la repousse comme le volant sur la raquette ; elle finit par ne regarder personne que le temps, qui, dans tous les ministères, est le meilleur et le plus assidu des employés. » [39]
Dans Messieurs les Ronds-de-Cuir, sous-titré Tableaux Roman de la vie de bureau, Courteline fait référence à cette « comédie » administrative : « une allée et venue de volant lancé de raquette en raquette ! ». Dans ce roman, paru en feuilleton dans L’Écho de Paris en 1891-1892, Courteline tourne en dérision l’administration, cette gêneuse, et ses catacombes « où dorment pêle-mêle, sous un même linceul de poussière, des ballots de dossiers entassés » [40].
/image%2F6863791%2F20250816%2Fob_f7987a_1908-courtelinegeorges-messieurslesron.png)
Georges Courteline, Messieurs les Ronds-de-Cuir,
Paris, Calmann-Lévy, 1908, p. 8
En 1940, L’Écho d’Alger, fait encore référence au jeu du volant pour dénoncer les déboires de deux Parisiens, « deux jeunes démobilisés lâches sur le pavé d’Alger », avec une administration labyrinthique. Cherchant du travail et malgré tous leurs efforts, ils ne récoltent que des réponses négatives : « Ils se sont un peu fait l’effet de contribuables égarés dans les couloirs d’une administration et rebondissant de bureau en bureau comme des volants de raquette en raquette, parce qu’ils ont la malchance de ne jamais s’adresser au service compétent. » [41]
Impuissance et maltraitances océaniques :
Le sort du volant, brinquebalé et chahuté de raquette en raquette, image le fait d’être ballotté, secoué, de subir, sans pouvoir maîtriser la situation, de n’être qu’un frêle jouet soumis à la violence et aux caprices d’éléments déchaînés. La métaphore a ainsi été très largement employée pour rendre compte des tribulations mouvementées, des tourments, d’embarcations en perdition, soumises aux vociférations marines, projetées d’une vague à l’autre :
- « Une mer violemment agitée […], la barre du gouvernail allant à droite et à gauche, au caprice des lames qui se jouent du pauvre chasse-marée comme une raquette du volant qu’on y fait sauter ; et personne sur le pont !... tel est l’horrible tableau qui épouvante ses regards…. » (A. Jal, « Clet Kerouet ou Le capitaine de douze ans », in Les Jours de congé ou les matinées du grand-oncle, contes, nouvelles et proverbes, Paris, Postel Fils Éditeur, 1838, p. 174) ;
- « Une lutte s’établit entre [les nefs] et les lames qui les assaillent, les poussent et les ballottent comme le volant sur la raquette, malgré les efforts attentionnés des hommes du gouvernail. » (A. Jal, Les Soirées du gaillard d’arrière, Tome 2, Paris, Carles Gosselin, 1840, p. 61) ;
- « Les navires de Colomb [...] se trouvant aventurés au milieu de cette lutte épouvantable des vagues en fureur, tantôt soulevés à une hauteur prodigieuse, tantôt roulant dans l’abime qui semblait entr’ouvert pour les engloutir, ils étaient ballottés dans tous les sens, comme des volants que chasse la raquette. » (Bernard Hombron, Aventures les plus curieuses des voyageurs. Coup d’œil autour du monde […], Tome 1, Paris, Belin-Leprieur et Morizot Éditeurs, 1847, p. 396) ;
- « Ce navire pris entre ces deux murailles d’eau qui se le renvoyaient comme fait la raquette d’un volant, semblait fatalement destiné à périr. » (Fernan Cabarello, La Créole de la Havane, Paris, E. Maillet, 1863, 2ème édition, p. 2) ;
- « Le vent […] fouettait furieusement les vagues […], jouait avec le frêle bâtiment, qu’il lançait de la cime d’une montagne liquide dans le fond d’un gouffre, le rattrapait au moment où il semblait devoir être englouti, le renvoyait au sommet d’une lame géante, et le traitait enfin comme le volant d’une raquette.» (Henri-Émile Chevalier, La Fille des indiens rouges. Les drames de l’Amérique du Nord, Paris, Michel Lévy Frères, 1866, p. 138) ;
- « Le canot semblait bondir sur les vagues comme un volant chassé par la raquette. On le voyait tout au fond du précipice, on le croyait englouti ; à l’éclair suivant, il paraissait à l’extrémité d’un flot gigantesque, on le croyait sauvé. » (Charles d’Héricault, La Fille de Notre-Dame, Paris, Didier et Cie, 1882, p. 142) ;
- « La mer devenait de plus ne plus mauvaise […] la chaloupe [ne cessa] de sauter sur les vagues comme un volant sur une raquette, ainsi que le fit observer un des rameurs. » (S. Henry Berthoud, Histoires et romans de végétaux, Paris, 1882, pp. 137-138) ;
- « Les vagues jouaient à la paume avec nos matelots qu’elles se renvoyaient comme des volants de raquette. Le pont était balayé par les lames qui se succédaient avec acharnement. » (Albert Laporte, Récits de vieux marins, Paris, Librairie Théodore Lefèvre et Cie, 1883, p. 206) ;
- « Par une affreuse nuit de tempête, un grand voilier en détresse fuyait sous les rafales violentes qui le ballotaient comme une coquille de noix au gré des flots écumants, sur les vagues mugissantes, par ci et par là, de bas en haut et de haut en bas, comme un volant sous l’impulsion de la raquette.» (Arnold Malhinger, « La clef du mystère », in L’Impartial de l’Est, n° 25, 18 juin 1899, p. 3) ;
- « Le vent redouble. Les flots ont l’air de raquettes, et le volant, c’est la barque. Ils la renvoient sans cesse.» (« À l’ombre au coin du feu », L’École et la Famille, 16 avril 1908, p. 189) ;
- « Il dut lutter contre les vagues qui, lourdes et hautes, se présentaient avec un air agressif. […] Alors, tel un volant sous l’action de la raquette, le canot bondissait de lame en lame.» (Gustave Deschodt, « Pages d’album », in La République. Grand hebdomadaire de l’Est, 11 juillet 1909, p. 3) ;
- « Qu’on se représente la situation de ces hommes abandonnés en plein Océan, loin de tout secours, par une mer démontée, à bord d’une coque de noix avec laquelle les flots en fureur agissent comme une raquette sur un volant ! » (Les Archives de la Grande Guerre, Tome V, « Un chasseur de sous-marins », Paris, E. Chiron Éditeur, 1920, p. 277) ;
- « La mer démontée soulevait le Tout-Petit [nom du yacht], se jouait de lui comme une raquette se joue du volant.» (Michel Dorlys, « Le Saurons-nous jamais ?... », Chapitre « La tempête », in Cinéma des Enfants, n° 264, 22 octobre 1933, p. 32) ;
Le grand bond (maritime)... vers Cayenne !
Dans Le Journal des Assassins [42], éphémère brulot à l'humour caustique et délirant, publié du 30 mars au 1er juin 1884 (10 numéros), s’annonçant comme l’« organe officiel des chourineurs et des voleurs », recèle un poème humoristique magnifiant « Le départ des assassins » pour le bagne, sur l’air victorieux et révolutionnaire du Chant du départ. Ce serait presque avec enthousiasme, comme si la Liberté guidait leurs pas [43], que les forçats embarqueraient pour un ultime bond vers Cayenne, dès que s’ouvraient les portes de la Grande Roquette (établissement pénitentiaire parisien, aujourd’hui disparu, qui accueillait les futurs bagnards en partance) [44] :
« Comme un volant léger que lance une raquette,
Rebondissons jusque là-bas »
Ainsi, les multiples facettes de l’utilisation du jeu du volant ici compilées, montrent, par leur diversité la prégnance, la popularité et la banalité d’un divertissement connu de tous. Un jeu qui, toutes classes sociales et générations confondues, a nourri les imaginaires jusque dans les années 1930.
Notes
[1] ↑ Maurice Drack (alias d’Auguste Alfred Poitevin), Trinqueballe, publié sous forme de feuilleton dans La République du Midi, 9 juillet 1893. ↑
[2] ↑ « Études satiriques. La monnaie des médailles contemporaines », in Revue Française, 1er octobre 1862, p. 292.
[3] ↑ Camille Lemonnier, Bébés et joujoux, Paris, Jean Hetzel Éditeur, 1904, p. 19.
[4] ↑ Marius Laisné, « Les Prunes », in Modèles d’exercices oratoires en prose et en vers à l’usage de mon cours faisant suite à mon livre l’Action, 1872, p. 17. Poème republié également dans Le Rigolo, du 18 octobre 1882, non paginé.
[5] ↑ P. A. Aubert, Traité raisonné d’équitation, d’après les principes de l’école française, Paris, Anselin et Gauthier-Laguionie, 1836, p. 227.
[6] ↑ Charles-Maurice de Vaux, Les Hommes de sport, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1888, p. 94.
[7] ↑ « L’équitation de la femme », in Herbert de Vigier de Mirabal (Comte de), Le Livre d’or du sportman, Paris, A. Lahure, Imprimeur-Éditeur, 1899, p. 392.
[8] ↑ Pierre Maël, Mademoiselle Pompon, Tours, Maison A. Mame et Fils,1903, p. 58.
[9] ↑ La Jeune fille et le Conseiller des familles, n°36, 42ème année, 20 décembre 1898, p. 69.
[10] ↑ A. Vellaud, Les Mariages de fer, Paris Librairie Internationale,1872, p. 290.
[11] ↑ Céleste de Chabrillan, Mémoires de Céleste Mogador, Tome 3, 1858, p. 187.
[12] ↑ Jean-Joseph Regnault-Warin, Loisirs littéraires de J.-J. Regnault-Warin, 1804, p. 281.
« Chaise curule » : symbole de pouvoir en Rome antique, sur lequel pouvaient s'asseoir les magistrats et promagistrats romains possédant le pouvoir suprême de contraindre et de punir : l’imperium.
[13] ↑ René Vincy, Le Mariage de Chérie, Paris, Éditions Jules Tallandier, 1925, p. 132.
[14] ↑ Bulletin de la Société Historique Régionale de Villers-Cotterêts, 1907, p. 97.
[15] ↑ Junior, « Blagues et Gnons », L’Alliance. Journal de Céret, 18 septembre 1904.
[16] ↑ Rachilde, « Le calvaire d’une femme russe », Comœdia, 22 décembre 1924, p. 1.
[17] ↑ François-Guillaume Ducray-Duminil (publié par), Alexis ou La maisonnette dans les bois, Troisième partie, 1793 (4ème édition), p. 43.
[18] ↑ « Chronique parisienne », in Journal Amusant, 19 janvier 1878, p. 2.
[19] ↑ Voir sur ce sujet, Frédéric Baillette, « L’Art et les manières de jouer au volant », mai 2024, lavieduvolant.org.
[20] ↑ Lucien Dubois, L’Exposition universelle à vol d’oiseau, Paris, 1867, p. 33.
[21] ↑ « Pensées diverses », Revue Britannique, 1er mars 1872, p. 370.
[22] ↑ « Des Dames aux chapeaux verts », in Les Bonnes soirées, 18 décembre 1938, p. VIII.
[23] ↑ « L’État des choses à Constantinople », Le Canal des deux Mers, 12 avril 1873, p. 156.
[24] ↑ Jean Faveroles, « La Révision Républicaine », La Révision, 22 septembre 1889, p. 2.
[25] ↑ J. de la Parata, « Un voyage en Corse », in La Corse touristique, n° 10, octobre 1925, p. 19.
[26] ↑ Cénac-Moncaut, Histoire du caractère et de l’esprit français depuis les temps les plus reculés jusqu’à la Renaissance, Tome III, Paris, Didier et Cie, 1868, p. 81.
[27] ↑ Mané, Paris Mystérieux, Paris, E. Dentu Éditeur, 1861, p. 191.
[28] ↑ Victor Hugo, Les Misérables, Tome IV, « L’idylle rue Plumet et l’épopée rue Saint-Denis », Paris, Librairie Hachette, 1881, p. 387.
[29] ↑ Alfred-Henri Darjou, « Une partie de volant », Le Charivari, 12 mars 1868, p. 3.
[30] ↑ « L’auteur mal payé », in Chazet La Lyre d’Anacréon. Choix de Romances, vaudevilles, etc., 1er janvier 1800, p. 59. Republié dans l’Almanach des Dames, 1er janvier 1801, p. 203.
[31] ↑ Gaston Ravel, Les Mésaventures de Monsieur de Pourceaugnac, 1932.
[32] ↑ Auguste-Jean Le Bailly, Bureaux municipaux de placement gratuit. Leur situation actuelle, 1890, p. 108.
[33] ↑ Julien de La Gravière, Les Chevaliers de Malte et la marine de Philippe II, Tome 2, Paris, Plon, 1887 p. 72.
[34] ↑ « Les Grèves », L’Espérance, 4 septembre 1904, p. 2.
[35] ↑ « Fuyons les responsabilités », La République de Constantine, 22 juin 1881.
[36] ↑ « Le Drame de Cluses », in Revue des Grands Procès Contemporains, 1er janvier 1905, Paris, Librairie Générale de Droit et de Jurisprudence, p. 33. Disponible sur Gallica (site numérique de la BnF).
[37] ↑ « Ce dont il y a trop », La Tamatave. Journal républicain, 22 octobre 1919. Également publié dans La Croix du 5 août 1919, sous la signature de Diégo, p. 3.
[38] ↑ « Vicissitude d’un projet de loi ou Histoire d’un volant entre deux raquettes », in Almanach de la Coopération Française, publié par le Comité Central de l’Union coopérative des sociétés françaises de consommation, édité par CG. Gide, 1895, pp. 46-48.
[39] ↑ Jean-Gilbert Ymbert, Mœurs administratives, Tome 1, Paris, Ladvocat Libraire, 1825, pp. 39-40.
[40] ↑ Messieurs les Ronds-de-Cuir. Tableaux-Roman de la vie de bureau, Paris, Calmann-Lévy, 1908, p.8. Paru en feuilleton dans l’Écho de Paris entre 1891 et 1892, puis en volume en 1893.
[41] ↑ « Que dirait-on ? », L’Écho d’Alger, 22 septembre 1940, p. 1.
[42] ↑ L’intégralité des numéros du Journal des Assassins (qui se vend « le soir, au coin des rues ») a été éditée en 2017, accompagnée d’une présentation de Bruno Fuligni, par les Éditions Place des Victoires, Paris. Collection également disponible sur Gallica.Bnf.
[43] ↑ « La victoire en chantant nous ouvre la barrière / La Liberté guide nos pas » forment les deux premiers vers du couplet ouvrant le Champ du Départ (dont le titre original était « Hymne de la Liberté »).
[44] ↑ Les Parisiens distinguaient la Petite Roquette où étaient logés les vauriens, dont nombre d’enfants astreints à des travaux forcés et la Grande Roquette où étaient confinés les assassins attendant d’être guillotinés ou expédiés au bagne.
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